SOCIÉTÉ D'ÉTUDES NUMISMATIQUES ET ARCHÉOLOGIQUES

Arton90

Editorial

Bienvenu sur le site de la SENA !

Depuis sa création en 1963, la SENA regroupe des chercheurs, des professionnels, des collectionneurs et toutes personnes intéressées par l’Histoire, la Numismatique et l’Archéologie.

Chaque mois, la SENA propose une conférence sur un sujet de Numismatique, suivie d’un débat et pour ceux qui le souhaitent, d’un dîner amical. Vous trouverez sur notre site le programme des prochaines conférences ainsi que le résumé des conférences passées.

Chaque trimestre, la SENA édite une revue, les Cahiers Numismatiques. Ils contiennent le résultat des travaux scientifiques de spécialistes portant essentiellement sur la Numismatique. Vous trouverez dans les tables publiées sur notre site des articles sur vos sujets d’intérêt ou de recherche.

Tous les deux ans environ, la SENA organise des journées d’études thématiques ou géographiques. C’est l’occasion de publier les communications dans la collection d’ouvrages Recherches et Travaux de la SENA dont vous trouverez les sommaires sur notre site.

Nous espérons vous accueillir bientôt lors d’une de nos réunions pour faire votre connaissance. D’ici là, n’hésitez pas à nous contacter pour tout renseignement ou pour vous inscrire à notre association !

Le Président

 

Actualités de la SENA

 

- COLLOQUE : LA SÉNA EN AVIGNON 25-28 MAI 2017

- RTSENA n° 7, "Monnaies et circulation monétaire mérovingiennes (vers 670 - vers 750) Les monnayages d'argent de Touraine", Philippe Schiesser.

- Cahiers numismatiques n°212, juin 2017

 

 

 
 

Ce mois-ci, la Séna vous invite à la Maison des associations  du  1er  arrondissement,  5  bis  rue  du  Louvre (métro  Louvre-Rivoli) 

le  vendredi  8 septembre  2017  à  18 heures précises pour une conférence de

M. Fernando Lopez Sanchez  sur le thème :

" Monnayage byzantin et hiérarchie du XIème siècle : de nouveaux empereurs et césars encore à découvrir ? ".

Fernando López Sánchez

Wolfson College (Oxford, R. U.)

 

On essaie de démontrer avec cette conférence que : 1) le patriarche Michel Cerulaire en 1057-8, 2) Andronicus, fils d'Eudocia, après 1071 et 3) le seigneur normand Robert Guiscard en 1083-4 eurent des monnaies à leurs noms, se faisant représenter en tant que basileis byzantins.

 

1) Le histamenon à la légende +IhS XIS REX REgNANTIhM avec le Christ en face à l’avers, et la légende +MI-XAHL DESPOT autour de l’archange St. Michael à gauche et Michel à droite, couronné par la main de Dieu au revers, constitue l’une de plus grandes raretés parmi toutes les frappes monetaires byzantines (Fig. 1). Son attribution est aussi très contestée : Grierson songe à Michel V Calaphates, alors que Fagerlie et Hendy pensent plutôt à Michel IV. Par contre, nous soutenons que c’est le patriarche Michel Cérulaire qui fit frapper cette série monnetaire, et celui qui doit être identifié aussi avec l’archange St. Michel. Candidat au trône impérial en 1040, Michel Cérulaire avait embrassé la carrière monastique sous la contrainte en 1043, mais il chaussa les sandales pourpres, au grand scandale de l’empereur Isaac, en 1058. On fait le parallèle entre cette monnaie et les sceaux de Michel Cérulaire qui montrent l’image du patriarche en costume impérial, au droit du sceau et l’archange St. Michel au revers (Zacos II, no 15d). D’après nous, le patriarche de Constantinople exerça une tutelle efective sur Isaac Comnène en tant que despotés et dès le couronement de cet empereur le 1er september 1057.

 

2) Andronicus, l’un des fils de l’emperatrice Eudocie, fut associé en tant que co-empereur par Romain IV, apparaisant sur tous les histamena de ce basileus (DO Romanus IV, p. 789-90, pl. LXV 1, 2). Le fait que Andronicus fut élevé à la dignité impériale est un fait silencié par Psellus, mais les monnaies lui montrent sur l’avers et à la droite, dans la position la plus privilegiée du camp monetaire, alors que Romain IV lui-même n’apparait que sur les revers. Puisque Andronicus est reconnu sur quelques documents italiens contemporains comme supérieur en dignité aux autres membres du collègue impériale (Constantius et Michel VII, mais aussi Romain IV et Eudocie), et puisque l’on sait que ce fut Andronicus le premier qui signa le contrat de mariage entre la fille du normand Robert Guiscard, Hélène, et Constantin, le fils de Michel, l’empereur byzantin, il reste probable qu’Andronicus était lié avec l’Italie byzantine. Si notre hypothèse est correcte, la plupart des monnaies qu’on classe de nos jours comme appartenant à Romain IV devraient plutôt être considérées les monnaies d’Andronicus. Ces monnaies reconaissent le danger que le normand Robert Guiscard supossait pour les Byzantins dès la chute de Bari en 1071.

 

3) Un follaro frappé à Salerne par le normand Robert Guiscard lui montre de face et couronné au avers, soutenant un sceptre avec une croix au bout. Cette monnaie représente aussi, et au revers, une cité avec des tours et des arcades avec la légende VICTORIA sur deux lignes au exergue (Fig. 2) (CNI XVIII 1-4; Travaini, Monetazione type 32; MEC 14, 71-3) D’après Grierson ce follaro est “the most famous of Guiscard’s follari, showing him crowned as a Byzantine emperor, the model for the obverse being probably (…) a histamenon of Nicephorus III (Botaniates)” (MEC 14, III, 1998, 85-6). On ne connait ni la chronologie exacte de cette série italienne, ni la cité qu’elle représente. Or, nous proposons que cette cité n’est pas Salerne, comme on l’a dit parfois, et que la chronologie ne se correspond pas non plus avec la prise de cette ville par Robert Guiscard en 1076. Au contraire, on defend que cette cité est Dyrrachion et que la chronologie de cette série, frappée certainement à Salerne, doit être mise en rapport avec le retour de R. Guiscard à Salerne en 1083, une fois Corfou et Durazzo occupées et après avoir infligé le normand une lourde défaite à l’empereur Alexis Comnène (octobre 1081). L'ambitieux Guiscard avait attaqué l’Empire romain d'Orient avec ses vassaux et songé à prendre la capitale de l'Empire en 1081 espérant se saisir du trône du basileus. Il considera qu’il avait le droit parce que l'une de ses filles, Hélène, avait été fiancée au fils de Michel VII, Constantin Doukas.

 

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