VIDÉOS

SÉNA - CONFÉRENCE du 10/06/2022

Conférence animée par Ludovic Jouvet : Les médailles néo-renaissance d'Antoine Bovy. Le médailleur suisse Antoine Bovy (1795-1877) réalise la plus grande partie de son œuvre à Paris, au service de la Monnaie. En parallèle de cette production officielle, celui-ci porte une grande attention aux maîtres anciens de la médaille et plus particulièrement à ceux de la Renaissance. Cette conférence est l’occasion de revenir sur cet aspect peu connu de l’œuvre d'Antoine Bovy dans un contexte de redécouverte de la médaille italienne de la Renaissance, tant chez les artistes que chez les collectionneurs de la seconde moitié du XIXe siècle.

 

SÉNA - CONFÉRENCE du 01/04/2022

Conférence animée par Xavier Bourbon : Augustin Dupré, graveur général des monnaies. Le 9 janvier 1796, les premières pièces libellées en francs étaient produites. Elles étaient en argent. Y figure Hercule, allégorie de la force du peuple, réunissant la Liberté et l’Egalité. On doit à Augustin Dupré la gravure de ces monnaies, ainsi que de ses sous-multiples en cuivre où la liberté est figurée par ce profil féminin qui passera à la postérité sous le prénom de Marianne. Quel artiste peut ainsi se targuer d’avoir eu plusieurs de ses œuvres détenues pendant plus de deux siècles par des dizaines de millions de personnes, vues sans être remarquées et pourtant si familières. Malgré cette proximité, combien sont ceux qui sont capables de mettre un nom sur ces gravures ?

 

Conférence de la SÉNA du 12/11/2021

"Essai de Classement du monnayage troyen de Charles le Chauve à Thibaud Ier". Communication présentée par Christophe Adam le 12 novembre 2022 lors du colloque de la SÉNA intitulé "La Monnaie à Troyes et en Champagne de l’Antiquité à nos jours" . L'ensemble des communications présentées lors du colloque fera bientôt l'objet d'une publication dans un volume de la collection Recherches et Travaux de la SÉNA. www.sena.fr

 

 

Conférence de la SÉNA du 03/09/2021

Paul-Étienne Kauffmann :  Gustave de Ponton d'Amécourt (1825-1888), précurseur de la numismatique mérovingienne et premier président de la SFN

En matière numismatique, nous dissertons toujours d'attributions, certaines ou incertaines, de monnaies ou médailles, de lieux de frappe, d'aires d'émissions ou de titres de métal... mais nous ne prenons que rarement le temps de nous interroger sur nos glorieux prédécesseurs. Cette conférence n'a pas pour but de réaliser la biographie de M. le Vicomte de Ponton d'Amécourt mais de présenter l'homme, le scientifique, le numismate et l'incroyable apport de son œuvre à la numismatique mérovingienne mais aussi à la science numismatique dans son ensemble. Toute personne s'étant un jour retrouvée confrontée à l'identification d'une monnaie mérovingienne a, sans le savoir le plus souvent, bénéficié du travail de ce grand homme dans ses recherches. Il est passionnant de constater que plus de 100 ans après son départ, ses intuitions et classements sont toujours d'actualité ! Comment ? Selon quelles méthodes ? Sur quelles bases ? C'est là tout l'enjeu de cette intervention. Et si un savant du XIXème siècle pouvait nous aider aujourd'hui dans la compréhension d'un monnayage toujours autant délaissé ? Et si nous reprenions l'étude selon les règles qu'il impulsait lorsqu'il créait la première Société Française de Numismatique ?

 

 

Conférence de la SÉNA du 03/09/2021

Philippe Schiesser : Le trésor de deniers mérovingiens et de sceattas des Combrailles

Cette découverte vient compléter les connaissances sur la circulation de l’argent au VII e et VIIIe siècle. C’est le onzième trésor de deniers mérovingiens connu et le sixième par son importance numérique. Cela faisait plus d’un siècle qu’un trésor de deniers mérovingiens quantitativement aussi important n’avait pas été signalé. C’est aussi le premier trésor de deniers mérovingiens publié pour ce département. Cet ensemble de trente-neuf deniers mérovingiens et sceattas a été découvert il y a plusieurs années dans l’est de la Creuse à peu de distance de l’Auvergne dans une région naturelle appelée les Combrailles. La découverte a été faite lors du défrichement d’une parcelle boisée destinée à être mise en culture, hors de tout contexte archéologique connu. Aucun contenant ou autre objet, ne semblent avoir été trouvés.

 

 

Conférence de la SÉNA du 07/05/2021

Laurent Schmitt : De Berlin à Paris, le grand camée de France.

Ce camée, le plus grand connu encore aujourd’hui, est une véritable bande-dessinée de la famille Julio-Claudienne de l’époque Tibérienne avec Germanicus au centre de ce joyau. Autour de ce personnage et de celui de Tibère, nous retrouvons tous les acteurs de la Geste augustéenne et est un vibrant hommage à la grandeur de Rome. D’Ernest Babelon à J.-B. Giard, sans oublier Marie-Louise Vollenweider et Mathilde Avisseau-Broustet, tous se sont penchés sur l’histoire et l’iconographie de cette pièce exceptionnelle. Cette séance sera aussi l’occasion d’évoquer notre séjour à Berlin du 5 au 9 mai 1985 dans des conditions particulières et exceptionnelles à l’occasion du quarantième anniversaire de la fin de la deuxième Guerre Mondiale et des trente membres de la SENA qui avaient eu la chance de prendre part à ce périple.

 

Conférence de la SÉNA du 7 février 2021  :

Jean-Denis Lafitte :   Les monnaies de soldats et de guerres de la forteresse frontalière luxembourgeoise et française de Rodemack en Moselle

Les campagnes de fouilles réalisées de 2011 à 2014 ont livré 279 monnaies, jetons et objets monétiformes, dont 254 monnaies du Xe au XVIIIe siècle, 18 jetons de comptes et commémoratifs et 7 poids monétaires (Les monnaies du site antiques, au nombre de 22, font l’objet d’une étude séparée).

L’analyse globale de ce lot issus de la fouille et de la détection métallique nous donne des informations sur la circulation monétaire du X e s. au début du XIXe s., en cohérence avec l’occupation du site fortifié du Burg de Rodemack et son histoire féodale, militaire et frontalière.

Le site fouillé a fourni 245 monnaies identifiées et datées par la frappe (TPQ frappe) et par la date estimative de perte (DEP) prenant en compte leur taux de frai.

Ce lot est constitué de monnaies perdues, très majoritairement de faible valeur métallique (cuivre, alliage cuivreux, billon) et plus rarement en argent ou exceptionnellement en or.

La circulation du numéraire étranger est remarquable ici, elle représente environ 20 % du lot, le restant étant partagé entre les monnaies royales françaises, majoritaires avec 55 % (témoins du passé de la citadelle royale), et les monnaies régionales lorraines, messines et luxembourgeoises, 25 %.

La variété de l’origine des ateliers monétaires, de l’aire germanique, depuis la Saxe jusqu’en Suisse et en Autriche, notamment, ainsi que de l’aire belge, est remarquable.

Elle traduit un brassage et une large circulation européenne autour du carrefour Rhin-Moselle que constituent le duché du Luxembourg et ses places fortes de Luxembourg-ville, et secondairement Thionville et Rodemack. Celles-ci étant convoitées par les puissances belligérantes que sont le royaume de France et le Saint Empire germanique, qui se sont affrontées régulièrement sur une frontière fluctuante, du XVe s. au XIXe s.

Chaque conflit, siège et combat militaires ont laissé des indices matériels du passage des troupes défendant ou attaquant cette place stratégique, comme des armes et munitions, des objets de la vie courante et des équipements des soldats, ainsi que des monnaies perdues de leur solde en rapport avec leur origine. L’analyse numismatique couvre quatre siècles des temps féodaux du Moyen Âge (XI e au XIVe s.), suivis de quatre siècles de conflits européens (XVe au XVIIIe s.), les plus guerriers qu’ait connu ce site disputé.

 

_____________________________________________________________________________________________________________

Conférence de la SÉNA du 8 janvier 2021 

Josette Galiègue, conservateur en chef honoraire Sylvie Harburger, fille de l’artiste, auteure du Catalogue raisonné

" Francis HARBURGER : À la découverte d’un artiste aux talents multiples "

Francis Harburger, né le 17 février 1905 à Oran (Algérie), arrive à Paris en 1921. Élève de l’École nationale des Arts décoratifs puis des Beaux-arts, il est en 1928, le premier peintre, pensionnaire de la Casa Velázquez de Madrid. Après un premier atelier rue Campagne Première à Montparnasse, il s’installe à Montmartre en 1933. En 1940, il subit les lois antisémites de Vichy et quitte Paris pour Alger. Après la guerre, Harburger s’engage dans de nouvelles recherches artistiques. Une importante exposition organisée par les musées de Roubaix, Beauvais et Trouville-sur-Mer en 2008-2009, met en valeur son œuvre. Francis Harburger, formé au double cursus de l'art décoratif et des beaux-arts maîtrise de nombreuses pratiques plastiques. Il réalise en 1977 une médaille pour La Monnaie de Paris.

 

_______________________________________________________________________________________________________

 

Conférence de la SÉNA du 4 décembre 2020

Jean-Patrick Duchemin (Université de Lille)

" Les dépôts de monnaies en sépultures : archéologie d’un rite "

Depuis de nombreuses années, l'étude des monnaies découvertes en contextes funéraires butte sur un écueil : les éléments textuels sur l'obole à Charon suffiraient à expliquer les pratiques effectivement constatées de façon directe lors de la fouille de sépultures. Or, l'importante variabilité des faits observés, dans le temps, l'espace ou les aspects précis attestent bien qu'une étude concrète basée sur des observations archéologiques précises est nécessaire pour documenter ce fait archéologique. En effet le raisonnement circulaire lié à la notion « d’obole », héritage d'une vision ancienne constitue de fait une impasse pour qui souhaite réfléchir aux pratiques rituelles des sociétés passées.

La qualité de l'investigation vers laquelle tend aujourd’hui l’archéologie rend accessible bon nombre de vestiges correspondant aux traces matérielles laissées par les activités rituelles. C’est à partir de ces traces que nous proposons aujourd’hui de baser nos raisonnements. Toutefois, la multiplicité des attitudes que l’archéologie met en évidence risque de rendre cette reconstruction des pratiques religieuses décevante si l’on continue de faire appel pour leur interprétation à des théories dépassées, plutôt que de poser aux faits matériels des questions pertinentes. Il convient donc de travailler désormais avec des concepts théoriques correctement redéfinis qui permettront d’éviter à la fois contresens et anachronismes.